| TRIBUNE | Par Quentin Chevalier

Quartier politique de la ville en pleine mutation, le Pont d’Aubenas se démarque aujourd’hui par la recherche et la construction d’une identité propre. A cheval sur son passé industriel et sur la transition écologique, habiter le Pont, ce n’est pas la même chose… mais la même chose que quoi exactement ? Quelles sont les spécificités, les couleurs et les atouts de nos quartiers ? Qu’est-ce qui fait que nous voulons nous rendre dans un lieu ou dans un autre, vivre ici ou ailleurs ? 

Si on sonde notre territoire dans son ensemble on s’aperçoit que la plus grande partie nous renvoie le même écho diffus : peu de services, pas de commerces, un voisinage éparse et beaucoup de voitures. Comment nous rendre au supermarché sans elles ? Hormis une séparation fonctionnelle en quartiers résidentiels et en zones commerciales, rien ne marque profondément l’identité de nos quartiers. Malgré la diversité et la richesse des paysages et des écosystèmes, les vues sur le Sud et la petite Provence des Oliviers, la plaine alluviale de Saint Pierre, tout devient uniforme et s’efface devant le béton et le résidentiel diffus. On parle de mitage urbain comme il faudrait parler de mitage culturel. 

En centre-ville, là où les politiques ont beaucoup travaillé ces dernières années, nous pouvons constater que l’espace public s’améliore lorsqu’on accorde une place privilégiée aux piétons. Même si de nombreux locaux et logements y demeurent inoccupés, on sent que tout n’est pas perdu et qu’un nouvel élan reste possible, en encourageant une économie plus locale et de nouvelles pratiques professionnelles et culturelles par exemple, ou, encore, en améliorant les politiques de rénovation du bâti. Si le chantier continue, nous pouvons déjà nous réjouir et être fiers de ce quartier qui, à l’échelle de l’Ardèche méridionale, joue un rôle central et nous permet de nous retrouver et d’échanger.  Mais que faire ensuite ? Et surtout, où nous rendre et comment ? 

En nous basant sur le travail amorcé à Pont d’Aubenas et en renforçant la dynamique de concertation qui s’y met en place progressivement, nous souhaitons tirer partie des atouts existants pour affirmer et mettre en valeur l’identité et l’attractivité de nos quartier afin que chacun puisse en profiter. Outre le développement de nouveaux horizons économiques, aménager les berges pour les rendre plus attractives (baignade, loisirs aquatiques, promenades, musé sur la faune et de la flore aquatique) nous engage à relever de nombreux défis en matière d’écologie et d’implication citoyenne comme la gestion de la qualité de l’eau ou le nettoyage des berges.  Il faudra aussi affirmer la place du piéton et du cycliste sur l’espace public, notamment sur les axes principaux (Avenue de Roqua et Jean Mathon) et réintégrer les services existants dans une trame urbaine cohérente pour qu’il soit agréable, par exemple, de se rendre du lycée Astier à la plage de Pont d’Aubenas ou d’aller consulter l’administration fiscale. .

Que ce soit à l’échelle communale ou intercommunale, travailler sur les spécificités de nos quartiers est l’occasion à saisir pour envisager des moyens de se déplacer plus écologiquement sur notre territoire et articuler un système de transport en commun efficace, cohérent et prioritaire dont on puisse tous être fiers. Comment nous rendre du centre-ville au Pont d’Aubenas sans utiliser de voiture ? Comment quitter le loisir des berges et la poésie industrielle du 19e pour admirer les points de vue imprenables depuis le bourg médiéval ? En bus, en vélo, à pied ou en téléphérique ? Il faudra structurer l’offre de mobilité et en faire une expérience positive entre des destinations aux visages multiples pour sortir du tout-en-auto.

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