|TRIBUNE|

Par Michaël Jeanjean

On le sait, réduire l’impact des transports est aujourd’hui devenu une urgence. Pour réduire cet impact il nous faut opérer une transition dans notre rapport à la mobilité et celle-ci n’aura lieu que si des solutions alternatives pertinentes et efficaces sont accessibles à tou.te.s. Conscient.e.s des difficultés d’accès à la mobilité en milieu rural, en dehors de la voiture individuelle, nous souhaitons développer ces alternatives. 

En ce sens, la gratuité des transports en commun est une solution évidente pour inciter à leur usage. Les multiples expériences en France comme à l’étranger le montrent : même lorsque le coût des transports en commun est raisonnable, incluant parfois même une tarification sociale, il reste un frein à la mobilité pour de nombreux potentiels usagers, les jeunes et les précaires en premier lieu.

Si Aubenas n’est pas aujourd’hui encore congestionnée ou polluée comme les grandes métropoles, les désagréments du tout voiture nous concernent tout autant et nous concernent tou.te.s. Moins de voitures c’est effectivement, par exemple, moins de pollution atmosphérique et sonore, plus de sécurité pour les usagers les plus fragiles, mais aussi plus d’espace que l’on peut consacrer à d’autres usages. Aussi, et on l’oublie bien trop souvent, moins de voitures c’est un avantage pour celles et ceux qui en ont le plus besoin : moins de voitures c’est moins de bouchons et moins de difficultés pour se garer, entre autres. 

Enfin, les transports en commun au-delà d’une mesure écologique est aussi une mesure forte d’un point de vue social. Laisser les voitures chez leurs concessionnaires c’est avant tout réaliser de fortes économies : le coût moyen d’une voiture est de 4000€ par véhicule et par an, contre 0€ pour l’usage des transports en commun si ceux-là deviennent gratuits et efficaces.

La politique qui a longtemps consisté à multiplier les infrastructures routières, pensant fluidifier le trafic, n’a fait en réalité qu’ajouter des voitures sur les routes. Les aménagements récents dans le Sud Ardèche le prouvent d’ailleurs par les bouchons qu’ils engendrent déjà… il est grand temps de changer notre fusil d’épaule tant pour le climat, que pour des raisons sociales et pour le bien-être quotidien des Albenassiennes et Albenassiens.

Cette gratuité des transports est une pierre importante de l’édifice mais ne pourra pas toutefois à elle seule résoudre tous les enjeux de la mobilité. L’accès physique aux transports en commun sur le bassin d’Aubenas doit aussi être repensé pour être plus proche du quotidien des usagers. Des informations plus accessibles et plus fiables, des horaires et des fréquences mieux adaptées, des trajets retracés etc… Enfin la commune et l’intercommunalité doivent s’engager sincèrement et activement à favoriser les transports doux comme le vélo et la marche et les autres alternatives imaginables à la voiture individuelle.

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