Tout en poursuivant la requalification urbaine de nos quartiers-centre, il faut amorcer le renouveau et la restructuration du  transport collectif. Après plusieurs années d’expérimentation avec le syndicat Tout’en Bus, il est temps de passer à la vitesse supérieure et d’imaginer le transport de demain !

Au delà des questions d’accès au service, le problème principal réside dans la fréquence et la complexité des lignes actuelles. L’éparpillement résidentiel qui a été la norme ces dernières années ne favorise pas non plus l’efficacité du transport en commun sur notre territoire. Si nous devons poursuivre les efforts sur nos centres pour donner un sens au transport collectif, celui-ci devra aussi se structurer et mieux relier les centres déjà bien identifiées sur notre territoire.

Retarder ce chantier supposerait que l’on puisse concilier l’urbain et la voiture alors qu’on voit bien que ça ne fonctionne pas. Ajoutez des parkings, développez la voirie et ce sera pire ! Ces solutions à court terme ne font qu’augmenter le nombre de voitures à moyen terme et sont donc contre-productives. Partout aujourd’hui se pose l’impératif d’une transition vers des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle. Si Aubenas n’est pas bonne élève c’est parce que nous avons trop souvent nié son caractère urbain et l’avons classé parmis les petites villes sans influence qui peuvent bien continuer à bavarder au fond de la classe. Il faut changer cette vision. Aubenas, petite ville de 12000 habitants a aujourd’hui bien grignoté au delà de son promontoir rocheux. Elle s’étend et la nature disparaît quand la laideur du béton et de la voirie s’installe inexorablement. Les vues sur Aubenas comme celles depuis la cité sont défigurées. Petite ville de 12000 habitants, Aubenas est pourtant le coeur d’un bassin de vie de 70 000 habitants ! A l’échelle du bassin versant c’est une véritable métropole. Avons-nous déjà vu une métropole où il est si peu séduisant de prendre le transport en commun ? Il est temps d’agir. 

Au départ du transport en commun  il y a toujours un peu de marche à pied. Marcher, d’ailleurs, c’est bon pour la santé ! Adapter la ville à la marche à pied constitue donc un premier pas nécessaire vers de nouveaux usages en matière de déplacements. Comment nous rendre à l’arrêt de bus sinon ? Il faut déjà améliorer les aménagements piétons et assurer leur continuité (passages piétons, feux tricolores, trotoires et bandes piétonnes). Il y aura beaucoup à faire mais rien de compliqué pour pouvoir marcher plus sereinement à Aubenas ! Ensuite,  vous devriez pouvoir vous rendre à destination en 25 minutes maximum, au plus deux changements et 10 minutes de marche à l’arrivée. 25 minutes peuvent paraître longues dans le référentiel de l’automobiliste mais c’est en fait la durée idéale d’un trajet domicile-travail en transport en commun selon les chercheurs. Le temps de déconnecter de sa journée de travail en regardant le paysage défiler par la fenêtre ou de lire quelques pages.

D’un point de vue structurel, par ailleurs, le réseau en étoile autour d’Aubenas n’est pas satisfaisant. En pratique, les villes qui ont un réseau de transport en toile d’araignée ont des taux de fréquentation bien plus élevés. Pour améliorer le service de transport collectif nous devons donc imaginer des lignes périphériques autour d’aubenas et des lignes transversales qui permettent de traverser la ville sans toujours y effectuer un changement. Savons nous combien de personnes se rendent de Vals à Vogüé chaque jour ? Des Oliviers à la zone de MIllet ? Nous devons nous poser ces questions et organiser une collecte de données sur la mobilité pour proposer des solutions adaptées aux besoins de notre territoire et à sa population. 

En parallèle de ramifications périphériques, il faudra articuler le réseau en échelonnant les fréquences de passage. En attendant le Tramway, les axes principaux mériteraient d’être desservies par des systèmes à Haut Niveau de Service comme les BHNS. Il s’agit de véhicules intermédiaires entre le Tram et le bus conventionnel. Généralement bien identifiés et différenciés des bus secondaires du réseau qui viennent s’y greffer, les Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) ou les Tramway contribuent à renforcer l’image positive du transport en commun. Par leur forte visibilité, les lignes structurelles du réseau nous permettront aussi de renforcer la cohérence et l’attractivité de notre politique culturelle à l’échelle du bassin d’Aubenas. Pourquoi pas un bus “rouge turc” au départ de l’Agora, devant la façade 18e de l’Hôtel Goudard-Ruelle, afin de rappeler les innovations textiles de cet albenassien qui a percé les secret du rouge d’Andrinople ? Ce serait alors aussi le bon endroit pour planter de la Garance des teinturiers dans le cadre de l’écomusée.

Nous avons déjà parlé d’un projet de téléphérique pour relier le Pont et le Centre d’Aubenas. Pourquoi ne pas en faire le symbole des liaisons entre notre ville et le Japon à l’époque de la soie et ouvrir un musée des manufactures et un sentier “au fil de la soie” dans l’ancien quartier ouvrier ? En parallèle d’une structuration efficace du système de transport, c’est autour de tels projets complexes que nous pouvons associer le public au renouveau des mobilités et inverser la tendance actuelle.

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